
Les relevés des différents ravageurs par région sont disponibles dans le réseau d’observation, mais chaque parcelle devrait faire l’objet d’un suivi spécifique.
Dès la fin octobre, un contrôle des pétioles à la recherche de larves d'altises ou un prélèvement de plantes pour la réalisation d'un test Berlèse permet d'estimer la pression larvaire et d'évaluer la pertinence d'un traitement insecticide début à mi-novembre (au plus tard 14.11).
Plus l'intervention se fait tard, plus la probabilité d'atteindre un grand nombre de larves pouvant provoquer des dégâts durant l'hiver est grande.
Les larves ne sont réellement nuisibles que si le cœur des colzas est touché. En principe, le risque est réduit si les colzas sont bien développés à l’entrée de l’hiver (min. 10 feuilles et 8 mm de diamètre au collet) et sains (racines sans hernie du chou). Sur ces colzas vigoureux, les larves peuvent terminer leur cycle dans les pétioles des feuilles, sans aller jusqu’au cœur. Mais un hiver doux peut accentuer les dégâts. Grâce à l’extraordinaire capacité de compensation du colza, l’impact sur le rendement des dégâts d’altises est souvent plus faible qu’escompté.
Contre les larves, ce n'est qu'à la fin octobre que l'on peut évaluer si une intervention est nécessaire. C'est le cas si 7 pieds sur 10 contiennent au moins une larve. Pour ceci, contrôler sur 10 x 5 plantes.
Il est aussi possible de laisser sécher des plantes (posées sur un grillage ou suspendues) au-dessus d’une cuvette remplie d’eau et de savon (méthode Berlèse ; tutoriel de Terres Inovia sur YouTube : vidéo), pendant 2 semaines. Au fur et à mesure du desséchement des plantes, les larves tombent dans l’eau. Dans ce cas, le seuil est de 2-5 larves par plante.

Un traitement contre les larves en fin de saison (de fin octobre à mi-novembre) lorsque les températures sont fraîches est plus efficace que le traitement contre les altises adultes (voir graphique ci-dessous).
De plus, seuls des produits à base de pyréthrinoïdes sont applicables et ceux-ci sont très sensibles à l'apparition de résistances (ex.méligèthes et expériences en Allemagne, en France et au Royaume-Uni). C'est pourquoi il faut les utiliser avec parcimonie, c'est-à-dire ne faire si possible qu'un seul traitement en automne.
Avant une intervention insecticide, ne pas oublier de sortir du programme « Non-recours aux produits phytosanitaires » et de demander une autorisation de traitement. Les pyréthrinoïdes sont extrêmement toxiques et toute dérive doit être évitée. Vérifier les exigences de réduction de dérive pour les produits choisis.
Lors de la préparation de la bouille, le pH doit rester acide (pH ~5) sinon les pyréthrinoïdes sont dégradées et n'auront donc pas d'effet sur le ravageur. Plusieurs adjuvants permettent d'abaisser le pH (p.ex. acide citrique, Check-point, etc.). Cette opération est indispensable lorsque l'insecticide et combiné avec du bore en engrais foliaire. Afin de garantir une bonne efficacité, il est judicieux d'ajouter un mouillant et de traiter avec suffisamment d'eau (350 l/ha).
Dans le cadre des PER, il faut laisser un témoin non traité (largeur d’une barre sur 10-15 m long marqué avec des jalons) afin de pouvoir vérifier l'efficacité du traitement.
