Les mycotoxines sont produites par des champignons pathogènes du genre Fusarium. Elles sont toxiques pour les humains et pour les animaux.
Ces champignons peuvent infecter les épis en cas de pluies durant la floraison des blés. On ne peut certes rien faire contre la météo propice aux infections, mais on peut réduire les risques avec des mesures techniques.
L’implantation d’un blé après maïs, surtout le maïs grain, présente un risque élevé, si les chaumes ne sont pas incorporées de manière propre. Par conséquent, le broyage fin des chaumes de maïs, suivi d’un labour, réduit fortement ce risque. Pour rappel, il n’y a pas de contributions dans le cadre du programme " techniques culturales préservant le sol" pour une culture de blé ou triticale après maïs.
Le choix d'une variété peu sensible permet également de limiter le risque de fusariose sur épi (voir liste recommandée FT 2.21).

Cette année, on a constaté dans certaines régions de Suisse romande une recrudescence de l'ergot (voir image dans le titre de l'article), y compris dans le blé. L'ergot infecte les céréales pendant la floraison, le seigle étant le plus sensible. L'infection provient des graminées à floraison précoce. Ainsi, ces dernières années, on a observé une augmentation des cas dans les parcelles contenant par exemple du ray-grass résistant. Mais le manque d'hygiène en bordure des champs contribue également au risque d'infection. Les bordures des champs doivent être fauchées avant la floraison des céréales.

Les grains noirs (sclérotes) constituent la base des infections pour la saison suivante. Ces sclérotes restent infectieux pendant 3 ans. Comme ils tombent au sol dans les parcelles touchées, il est recommandé de les enfouir à plus de 10 cm de profondeur, de préférence par un labour. Pour les exploitations pratiquant strictement le semis direct, il est recommandé de faire une pause d'au moins 2 ans dans la culture des céréales sur une parcelle fortement infestée.